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Au-delà des maux

Avec l’aimable autorisation du journal La Voix Protestante, septembre 2004

L’hospitalisation est souvent vécue comme un temps de remise en question pour le patient : épreuve face à la maladie et la souffrance, confrontation à un monde étranger par ses contraintes techniques et son rythme frénétique. Ce choc peut être une opportunité et même une chance pour poser un nouveau regard sur sa vie, et ainsi partager une parole et reprendre des questions existentielles déterminantes. Devant la souffrance et la nécessité de guérir, de cicatriser et de se reconstruire, les croyances et les doutes de chacun sont à nouveau en débat.

L’aumônier, pasteur sans paroisse, est l’accompagnateur privilégié des patients et des professionnels du monde hospitalier. Il peut offrir ce qu’il a de plus précieux : son temps et son attention à chacun, sans distinction. L’importance de cette disponibilité, de cette aptitude particulière à l’écoute, est déterminante pour façonner une parole partagée avec le patient. Pour le personnel médical, être confronté en permanence à la souffrance et à la mort, nécessite aussi ces lieux de parole, une distanciation vitale par rapport à ce quotidien corrosif. Ainsi l’aumônier s’expose de tout son être, dans cette capacité à écouter.

Le développement de ce type de ministère est significatif de cette prise en compte des Eglises et d’une demande de l’Administration hospitalière. Les aumôneries sont de véritables lieux de passage, tant pour les patients, les familles d’hospitalisés, que pour le personnel médical. L’aumônerie, comprise comme un carrefour de rencontres et d’échanges, mais aussi une halte pour déposer ses maux et respirer. On est bien loin de l’image d’Epinal de l’aumônier au pied du lit d’un mourant.

La pertinence de l’aumônier est d’être ce témoin spécifique, un accompagnant plus qu’un donneur de leçon sur le sens de la vie et la mort. L’aumônier, ergothérapeute de l’âme, serviteur inutile, témoin de l’amour de Dieu, dans ce monde hospitalier qui tend à la performance et la guérison. « Cette divine douceur » comme aime le répéter Maurice Bellet, est certainement un soin spirituel pour le bien être de chacun.